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CJLPBURUNDI
Récit de terrain

À Kirundo, donner aux communautés les clés pour agir

Des échanges et des démonstrations pour faire de la prévention un réflexe du quotidien.

À Kirundo, dans le nord du Burundi, les communautés font face à un risque persistant de paludisme. Le CJLP-Burundi y rapproche la prévention des réalités quotidiennes des ménages, dans un environnement marqué par les marais, les zones humides et les aléas climatiques.

L’eau, à la fois ressource et menace

Kirundo est une province de zones humides, de marais, de collines drainées vers des bas-fonds cultivés. Cette eau est vitale pour les communautés paysannes. Mais elle est aussi le support des gîtes larvaires. À cette vulnérabilité structurelle s’ajoutent les chocs climatiques : pluies torrentielles, vents violents, déplacements de populations. En mai 2025, des familles de la commune de Kirundo ont été sinistrées par des intempéries, et les kits d’hygiène distribués par les acteurs humanitaires visaient explicitement à prévenir « certaines maladies, notamment le paludisme » et les maladies des mains sales. Dans les collines enquêtées, des plaintes récurrentes sur la qualité de l’eau ont été rapportées, et les populations déplacées ou vivant dans des abris de fortune constituent des « proies faciles au paludisme ». La province accueille également des rapatriés et des personnes déplacées internes, dont la précarité aggrave l’exposition au risque vectoriel.

Une journée pour transformer le savoir en réflexes communautaires

C’est dans ce contexte que le Corps des Jeunes de Lutte contre le Paludisme du Burundi (CJLP-Burundi) a organisé une journée de formation et de sensibilisation à l’intention des communautés locales de Kirundo. L’objectif : rendre le lien entre l’environnement, l’eau et le paludisme visible et actionnable pour les ménages, les femmes, les jeunes et les leaders communautaires. Au programme : des causeries éducatives sur les gîtes larvaires et leur élimination, des démonstrations sur l’usage correct des moustiquaires imprégnées, et des échanges sur les signes d’alerte du paludisme et la nécessité d’un recours précoce aux soins. Les participants ont été invités à identifier, dans leur propre environnement immédiat, les points d’eau stagnante et les zones de prolifération potentielles, afin de passer d’une perception fataliste de la maladie à une capacité d’agir sur ses déterminants.

Le CJLP-Burundi, chapitre national du Malaria Youth Corps lancé en 2026 et travaillant en lien avec le Programme National Intégré de Lutte contre le Paludisme, inscrit cette action dans sa vocation première : atteindre les ménages que les services de santé peinent à toucher, porter la prévention au plus près des réalités locales et faire des jeunes un relais crédible entre le savoir scientifique et les pratiques communautaires.

Une action qui s’inscrit dans « Wetlands for Peace and People’s Health »

Cette journée à Kirundo n’est pas un acte isolé. Elle prolonge la logique du programme « Wetlands for Peace and People’s Health », porté par MKAAJI MPYA asbl et l’APEBH, auquel les jeunes engagés dans cette démarche ont contribué en 2025, avant le lancement national du CJLP-Burundi dans la plaine de la Ruzizi. Ce programme repose sur une conviction : la santé des populations et la santé des écosystèmes sont indissociables. À Kirundo comme dans la Ruzizi, les zones humides sont à la fois un patrimoine à protéger et un déterminant de la transmission vectorielle. Former les communautés à lire ce lien, c’est les outiller pour réduire les gîtes larvaires à la source, tout en plaidant pour une gestion durable de l’eau et des marais.

Les communautés de Kirundo ne sont pas des spectatrices de l’épidémie. Elles en sont les premières victimes, mais aussi les premières actrices de la riposte. Le CJLP-Burundi ne leur apporte pas une solution venue d’en haut : il leur apporte des clés pour agir sur leur propre environnement. Là où l’eau stagne, le moustique prospère ; là où les communautés comprennent, le risque recule.

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